Arrêt maladie IDEL : indemnités CPAM et CARPIMKO 2026
Vous vous réveillez avec une lombalgie qui vous cloue au lit, ou un accident vous immobilise plusieurs semaines. La première question n’est pas médicale. Elle est financière. Qui paie vos journées quand vous ne pouvez plus faire votre tournée ?
Comme infirmière libérale, vous n’avez pas d’employeur pour maintenir votre revenu. Votre protection repose sur deux organismes, la CPAM puis la CARPIMKO, avec des règles bien distinctes et des montants souvent plus bas que ce que l’on imagine.
Cet article détaille précisément ce que vous toucherez, à partir de quand, sous quelles conditions, et surtout où se situent les trous de couverture qui font mal. Les chiffres sont ceux de 2026.
La gestion administrative pèse déjà lourd au quotidien. Découvrez comment nous prenons en charge votre facturation pour vous concentrer sur vos soins.
Une indemnisation en deux temps, deux organismes
La ligne du temps de votre indemnisation
Beaucoup d’IDEL pensent que la CARPIMKO intervient dès le premier jour d’arrêt. C’est faux, et cette idée reçue coûte cher au moment de faire ses comptes.
Votre indemnisation se découpe en deux phases successives, gérées par deux caisses différentes, avec des logiques de calcul qui n’ont rien à voir.
Retenez ce basculement. Pendant trois mois, votre indemnité dépend de ce que vous gagnez. Ensuite, elle devient un forfait unique, le même pour toutes, quelle que soit votre activité.
Phase 1 : la CPAM du 4e au 90e jour
Plafond 2026
50 % de vos revenus
L’indemnité vaut la moitié de votre revenu journalier moyen sur trois ans, sans jamais dépasser ce plafond, même à haut revenu. Plancher garanti à 26,33 € par jour.
Depuis le 1er juillet 2021, les professionnelles de santé libérales touchent des indemnités journalières de l’Assurance Maladie. Avant cette date, il n’y avait rien pendant les trois premiers mois.
Le délai de carence de 3 jours
Vos indemnités démarrent au 4e jour d’arrêt. Les trois premiers jours ne sont pas indemnisés, c’est ce qu’on appelle le délai de carence.
Une exception existe. En cas d’affection de longue durée reconnue, ce délai de carence ne s’applique qu’au premier arrêt, sur une période de trois ans.
Combien touchez-vous par jour ?
L’indemnité correspond à 50 % de votre revenu annuel moyen, calculé sur les trois dernières années civiles, ramené à la journée.
Le revenu pris en compte est plafonné à 3 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale. En 2026, cela donne un plafond d’indemnité de 197,51 € bruts par jour. Vous ne pourrez pas dépasser ce montant, même avec des revenus élevés.
À l’autre extrémité, un plancher protège les revenus modestes. L’indemnité minimale est de 26,33 € par jour en 2026, pour un revenu inférieur à 40 % du plafond de la Sécurité sociale.
Un repère concret
Pour un revenu annuel moyen de 40 000 €, l’indemnité journalière tourne autour de 54 € bruts. Sur un mois complet d’arrêt, cela représente environ 1 620 € bruts, à comparer à ce que vous gagnez habituellement en exerçant.
Ces indemnités sont soumises aux prélèvements sociaux et à l’impôt sur le revenu, sauf dans le cadre d’une affection de longue durée. Elles sont versées tous les 14 jours en moyenne, et cette phase court jusqu’au 90e jour d’arrêt.
Phase 2 : la CARPIMKO à partir du 91e jour
Le décrochage du 91e jour
Représentation indicative. Le montant CPAM dépend de vos revenus, le forfait CARPIMKO est fixe.
Au 91e jour, la CPAM s’arrête et la CARPIMKO prend le relais. C’est ici que la mécanique change complètement.
L’indemnité devient forfaitaire. En 2026, elle est fixée à 55,44 € bruts par jour, quel que soit votre revenu habituel. Une infirmière qui facturait 8 000 € par mois touche exactement la même chose qu’une consœur à 3 000 €.
Sur 30 jours, cela représente 1 663,20 € bruts. Ce montant peut être majoré dans certains cas précis, notamment une majoration pour descendant à charge et une majoration pour tierce personne, sous conditions et sur demande.
La CARPIMKO verse cette indemnité jusqu’au 1095e jour, soit trois ans d’incapacité au maximum, tant que votre situation médicale le justifie.
Ce qu’on observe depuis 20 ans
Le passage au 91e jour surprend presque toujours. Une infirmière habituée à un bon niveau d’activité voit son indemnité fondre du jour au lendemain, sans que rien ne l’ait prévenue. La forfaitisation est brutale quand on ne l’a pas anticipée.
Comment votre indemnité CPAM est calculée
La formule, décomposée
La formule mérite d’être comprise, car elle explique pourquoi deux infirmières en arrêt ne touchent pas la même chose.
Le calcul s’appuie sur vos revenus cotisés. Si vous n’avez pas trois années de recul, par exemple en début d’exercice, la caisse se base sur les revenus disponibles.
Cette question de la durée d’affiliation compte. Vous devez justifier d’au moins 12 mois d’affiliation continue à l’Assurance Maladie au titre de votre activité indépendante au moment de l’arrêt. Un point à connaître quand on vient de démarrer en tant que remplaçante ou de s’installer.
Les démarches, étape par étape
Le certificatObtenez l’arrêt de travail prescrit par votre médecin. Depuis le 1er juillet 2025, le formulaire papier sécurisé est obligatoire pour les arrêts au format papier, les scans et photocopies ne sont plus acceptés.
Sous 48 heuresTransmettez votre arrêt à la CPAM dans les 48 heures suivant sa prescription. Si votre médecin le télétransmet, vérifiez sa bonne réception sur votre compte ameli.
La demande d’IJComplétez le formulaire de demande d’indemnités journalières disponible sur ameli pro, en joignant vos relevés de revenus des trois dernières années.
Le suiviSuivez vos versements sur ameli pro. Les dates, montants et durée de versement y sont consultables.
Au-delà de 90 joursDéclarez votre arrêt à la CARPIMKO depuis votre espace personnel, service dédié aux arrêts de travail, dans un délai maximum de 6 mois après le début de l’arrêt.
Conservez soigneusement tous vos justificatifs, certificat médical, preuve d’envoi, déclarations éventuelles à l’URSSAF ou à votre assurance. En cas de contrôle ou de litige, ils vous protègent.
Le vrai angle mort : les charges qui continuent
Ce qui baisse
- Votre revenu d’activité
- Vos encaissements de tournées
- Votre indemnité, dès le 91e jour
Ce qui continue de courir
- Loyer du local
- Cotisations URSSAF et CARPIMKO
- Assurance responsabilité civile
- Logiciel, véhicule, frais fixes
Voici ce que la plupart des articles oublient de dire. Pendant votre arrêt, vos indemnités baissent, mais vos charges, elles, ne s’arrêtent pas.
Le loyer de votre local court toujours. Vos cotisations URSSAF et CARPIMKO restent dues. Votre assurance responsabilité civile professionnelle continue. Votre logiciel, votre véhicule, tout continue de peser.
Situation fréquente
Une infirmière avec un local, une remplaçante partie, et un arrêt qui dépasse 90 jours se retrouve avec 55,44 € par jour de la CARPIMKO, face à des charges fixes qui n’ont pas bougé. L’écart se creuse mois après mois, et l’épargne personnelle sert de tampon.
Les indemnités du régime obligatoire couvrent en moyenne moins de la moitié du revenu d’une IDEL au revenu médian. Et elles ne couvrent jamais les charges du cabinet. C’est là que se joue votre équilibre financier réel.
Vous cherchez à mieux maîtriser votre gestion avant qu’un imprévu ne survienne ?
Découvrir le forfait à 165 € HT par moisPourquoi une prévoyance change tout
| Régime obligatoire | Prévoyance individuelle | |
|---|---|---|
| Rien avant le 4e jour, puis le 91e | Délai | Dès le 1er, 8e ou 15e jour |
| Forfait fixe après 90 jours | Montant | Proportionnel à votre revenu réel |
| Charges du cabinet non couvertes | Frais fixes | Prise en charge possible |
| Cotisation URSSAF de 0,30 % | Fiscalité | Cotisations déductibles (cadre Madelin) |
Le régime obligatoire pose deux limites que seul un contrat de prévoyance individuel permet de combler.
Première limite, le délai. La CPAM ne verse rien avant le 4e jour, et la CARPIMKO rien avant le 91e. Un contrat de prévoyance peut prévoir une indemnisation dès le 1er, le 8e ou le 15e jour selon les options choisies.
Deuxième limite, le montant. Après 90 jours, le forfait CARPIMKO est fixe et souvent très en deçà de vos revenus réels. Une prévoyance verse des indemnités proportionnelles à ce que vous gagnez, et peut couvrir vos frais professionnels fixes.
Ces contrats relèvent souvent du cadre Madelin, ce qui rend les cotisations déductibles fiscalement. Nous détaillons le sujet dans notre article dédié à la prévoyance pour compléter la CARPIMKO.
Un point de méthode. Comme pour toute décision fiscale ou d’assurance, faites étudier votre situation par un courtier ou un conseiller. Les besoins d’une remplaçante sans local et d’une titulaire avec cabinet et personnel n’ont rien à voir. La bonne couverture est celle qui colle à votre situation réelle, pas un contrat standard.
Questions fréquentes sur l’arrêt maladie IDEL
La CARPIMKO paie-t-elle dès le premier jour ?
Quel est le montant minimum garanti ?
Faut-il cotiser pour ces indemnités ?
Les indemnités couvrent-elles mon local et mes charges ?
Combien de temps suis-je indemnisée au maximum ?
Anticiper vaut mieux que subir
Les trois repères à retenir
Un arrêt de travail ne se prévoit pas, mais sa couverture, oui. Vous savez désormais que votre indemnisation démarre au 4e jour, qu’elle chute au 91e, et qu’elle ne touchera jamais vos charges de cabinet.
Le meilleur moment pour vérifier votre protection, c’est quand vous êtes en pleine activité, pas le jour où l’arrêt tombe. Regardez votre contrat de prévoyance, comparez le délai de franchise et le niveau d’indemnisation à votre situation réelle.
Et pour tout le reste, la charge administrative qui pèse chaque jour, nous sommes là. Contactez-nous au 04 91 32 33 91 ou via notre formulaire pour déléguer votre facturation et retrouver du temps pour ce qui compte, vos patients.
Alan Chevereau
Consultant SEO
Cet article a été rédigé pour éclairer les IDEL sur leur protection sociale en cas d’arrêt. Les montants et règles présentés ont été vérifiés auprès des sources officielles 2026, puis relus par l’équipe de secrétaires médicales spécialisées NGAP et l’infirmière coordinatrice de Transmedical, spécialiste de la facturation IDEL depuis plus de 20 ans.
Les montants et règles évoluent chaque année et selon votre situation. Vérifiez toujours les données à jour auprès de la CPAM, de la CARPIMKO et de l’URSSAF, et faites étudier votre couverture par un conseiller avant toute décision.
Sources
- Ameli.fr, indemnités journalières maladie des professions libérales
- Previssima, indemnités journalières maladie des professions libérales
- Groupe Pasteur Mutualité, protection sociale des professions libérales
- Cap Médical, calcul des indemnités journalières de l’IDEL
- Lilycare, arrêt de travail et indemnités journalières IDEL
- La Ruche CBA, arrêt maladie infirmière libérale
- Fiducial, arrêt maladie de l’infirmier libéral, droits et démarches
