Cotation des perfusions à domicile IDEL : les règles 2026
Sommaire
- Ce que la circulaire CIR-9/2025 a changé pour vos perfusions
- Perfusion longue ou courte : distinguer les deux forfaits
- AMI 14 et AMI 15 : le forfait perfusion longue, une fois par jour
- AMI 4.1 : contrôles, changements de flacon et déplacements
- AMI 5 : quand coter l’arrêt et le retrait du dispositif
- Les règles de cumul des perfusions selon l’article 11B
- Les erreurs de cotation qui déclenchent un indu CPAM
- Questions fréquentes sur la cotation des perfusions
Depuis le 25 juin 2025, la cotation des perfusions à domicile a changé. La circulaire CIR-9/2025 de la CNAM a abrogé le texte de 2014 qui encadrait ces forfaits. Beaucoup d’infirmières et infirmiers libéraux continuent pourtant de coter comme avant.
Le risque est concret. Une perfusion longue cotée deux fois dans la journée, un arrêt facturé en AMI 5 au lieu d’un AMI 4.1 : ces réflexes anciens posent problème. Ils exposent désormais à un rejet, voire à une demande de remboursement d’indu par la caisse.
Ce guide reprend les règles applicables en 2026, à partir du texte officiel de l’Assurance Maladie. Vous y trouverez les forfaits, les cumuls autorisés et les pièges qui coûtent cher. L’objectif reste simple : facturer juste, sans perte ni rejet.
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Ce que la circulaire CIR-9/2025 a changé pour vos perfusions
Date pivot
La circulaire CIR-9/2025 abroge le texte de 2014 sur les perfusions
Une seule doctrine nationale s’applique désormais. Les pratiques de cotation valables avant cette date ne tiennent plus.
La circulaire CIR-9/2025, datée du 25 juin 2025, poursuit un but affiché par la CNAM : uniformiser la facturation des perfusions longues sur tout le territoire. Les pratiques variaient fortement d’une caisse à l’autre. Ce texte fixe une doctrine nationale unique.
L’abrogation du texte de 2014
La circulaire CIR-23/2014 du 24 octobre 2014 est abrogée. C’est elle qui avait introduit les forfaits de perfusion tels que les IDEL les connaissaient. Les anciennes habitudes de cotation ne tiennent donc plus.
Cette clarification concerne uniquement les perfusions de plus d’une heure avec organisation d’une surveillance. Les perfusions courtes sous surveillance continue ne sont pas modifiées par le texte.
Le principe central : un forfait journalier
Le changement majeur tient en une phrase. Le forfait de perfusion longue, AMI 14 ou AMI 15, ne peut être coté qu’une seule fois par jour. Cette règle vaut que la perfusion soit continue ou discontinue.
Avant ce texte, certains cabinets cotaient un AMI 14 le matin et un second le soir. Cette pratique est désormais interdite. Le forfait inclut l’organisation de la surveillance sur l’ensemble de la journée.
Perfusion longue ou perfusion courte : savoir distinguer les deux forfaits
Présence continue de l’IDEL
Durée inférieure ou égale à 1 heure
L’infirmier reste au domicile le temps du soin
Supplément AMI 6 par heure au-delà de la première
AMI 9 ou AMI 10Organisation d’une surveillance
Durée supérieure à 1 heure
L’infirmier ne reste pas mais organise le suivi
Forfait journalier, une seule fois par jour
AMI 14 ou AMI 15Tout part de la nature de la perfusion. La cotation dépend de la présence de l’IDEL pendant le soin. Cette distinction commande le forfait applicable.
La perfusion courte sous surveillance continue
La perfusion courte se déroule en présence continue de l’infirmier, le temps du soin. Elle comprend la préparation des produits et du matériel, la perfusion des produits, la surveillance puis l’arrêt avec le pansement.
Sa cotation est l’AMI 9 pour la plupart des patients. Elle passe à l’AMI 10 pour un patient cancéreux ou immunodéprimé. Un supplément AMI 6 par heure s’ajoute au-delà de la première heure, dans la limite de cinq heures, sur prescription. Pour situer ces lettres-clés, notre guide de la nomenclature générale des actes infirmiers détaille chaque coefficient.
La perfusion longue avec organisation d’une surveillance
La perfusion longue dure plus d’une heure. L’IDEL ne reste pas au domicile mais organise une surveillance. Le forfait couvre la préparation, la pose, l’organisation des contrôles et la gestion des complications éventuelles.
Sa cotation de base est l’AMI 14. Elle devient l’AMI 15 pour un patient cancéreux ou immunodéprimé. La perfusion d’antibiotiques chez un patient atteint de mucoviscidose se cote également AMI 15.
| Situation | Cotation 2026 |
|---|---|
| Perfusion courte sous surveillance continue | AMI 9 |
| Perfusion courte, patient cancéreux ou immunodéprimé | AMI 10 |
| Heure supplémentaire de surveillance continue | AMI 6 (max 5h, sur prescription) |
| Perfusion longue (plus d’1h, surveillance organisée) | AMI 14 |
| Perfusion longue, patient cancéreux ou immunodéprimé | AMI 15 |
| Antibiotiques, patient atteint de mucoviscidose | AMI 15 |
La valeur de la lettre-clé AMI reste fixée à 3,15 euros en métropole. Un AMI 14 représente donc 44,10 euros. Cette valeur évolue : l’avenant 11 la portera à 3,35 euros au 1er novembre 2026.
AMI 14 et AMI 15 : le forfait perfusion longue, une seule fois par jour
Une seule cotation par jour
L’AMI 14 ou l’AMI 15 se facture une fois par jour et par patient, perfusion continue ou discontinue.
Pas d’AMI 4.1 le jour de la pose
Lors du passage où vous facturez le forfait, l’ajout d’un AMI 4.1 est interdit par la NGAP.
Un seul forfait malgré deux voies
Une double voie d’abord n’autorise pas un second forfait de perfusion longue sur la journée.
C’est le cœur de la réforme. Le forfait de perfusion longue est un forfait journalier. La caisse considère qu’il rémunère l’organisation de la surveillance sur toute la journée.
Une cotation unique, perfusion continue ou non
Vous ne pouvez coter l’AMI 14 ou l’AMI 15 qu’une fois par jour et par patient. Peu importe le nombre de passages ou de poches. Le caractère discontinu de la perfusion ne change rien à cette règle.
Lors du passage où vous facturez l’AMI 14 ou l’AMI 15, l’ajout d’un AMI 4.1 est interdit. Le forfait inclut déjà la pose. Cette interdiction figure explicitement dans le texte de la circulaire.
Le cas des doubles voies d’abord
Un patient peut avoir deux voies d’abord. Cette situation ne permet pas de facturer un second forfait de perfusion longue. Un seul AMI 14 ou AMI 15 reste applicable sur la journée.
Cas typique chez nos clients : une perfusion de glucosé sur 12 heures, matin et soir, pendant trois jours. Le matin se cote AMI 14. Le soir, le changement de flacon relève de l’AMI 4.1. Le quatrième jour, l’arrêt définitif se cote AMI 5.
AMI 4.1 : contrôles, changements de flacon et déplacements
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Ce qu’il couvre
Changement de flacon, branchement en Y, contrôle du débit, complications et reposes programmées au protocole.
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Ses conditions
Réservé aux perfusions longues avec surveillance. Autorise indemnités de déplacement et majorations nuit ou férié.
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Son cumul
Plusieurs AMI 4.1 possibles dans un même passage, soumis à l’article 11B : premier plein, second à moitié.
L’AMI 4.1 prend une place centrale dans le nouveau dispositif. Il remplace souvent des cotations que les IDEL utilisaient différemment auparavant. Sa maîtrise évite bien des rejets.
Ce que couvre l’AMI 4.1
Cet acte couvre les contrôles et les actes programmés inscrits au protocole. Changement de flacon, branchement en Y, contrôle du débit : ces gestes relèvent de l’AMI 4.1. Il couvre aussi les complications, y compris une repose de perfusion. La cotation des injections IDEL obéit pour sa part à des règles distinctes.
Le déplacement d’une perfusion entre dans ce cadre. Il s’agit d’un changement de site de perfusion au cours de la journée, quel qu’en soit le motif. Le changement de cathéter sur un même site, pour une chambre implantable par exemple, compte comme un déplacement.
Les conditions de facturation
L’AMI 4.1 ne s’applique qu’aux perfusions de plus d’une heure avec surveillance organisée. Il autorise les indemnités de déplacement. Les majorations de nuit et de jour férié peuvent s’y ajouter, contrairement au forfait AMI 4 d’organisation.
Lors d’un même passage, plusieurs flacons ou branchements en Y peuvent justifier plusieurs AMI 4.1. Le cumul reste soumis à l’article 11B. Le premier est coté plein, le deuxième à moitié.
Pour ne plus oublier les majorations et frais de déplacement, consultez notre guide dédié.
AMI 5 : quand coter l’arrêt et le retrait du dispositif
Quelle cotation pour un arrêt de perfusion ?
Arrêt de moins de 24 heures, la perfusion reprendra
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AMI 4.1Arrêt définitif au-delà de 24 heures, retrait du cathéter
→
AMI 5NGAP en vigueur, vérifiez toujours la version actualisée.
L’AMI 5 a vu son périmètre se resserrer. Beaucoup d’IDEL le cotent encore par habitude à chaque arrêt de perfusion. La circulaire pose une condition de durée précise.
La règle des 24 heures
L’AMI 5 correspond à l’arrêt et au retrait du dispositif, cathéter compris, pansement inclus. Il ne s’applique que pour un arrêt considéré comme définitif. La circulaire fixe ce seuil au-delà de 24 heures.
Un arrêt de perfusion d’une durée inférieure à 24 heures est un débranchement temporaire. Il relève alors de l’AMI 4.1, et non de l’AMI 5. Cette nuance est la source de nombreux rejets depuis 2025.
Le cas des voies de longue durée
Pour une mid-line ou une picc-line, l’arrêt définitif des thérapeutiques se cote AMI 5. La réfection du pansement et le changement de valve sont alors inclus. Ces voies ne se retirent pas comme un cathéter périphérique.
Ce que nous constatons régulièrement : un soir, l’IDEL arrête une perfusion qui reprendra le lendemain matin. Le réflexe est de coter AMI 5. Or il s’agit d’un débranchement temporaire de moins de 24 heures. La bonne cotation est l’AMI 4.1.
Les règles de cumul des perfusions selon l’article 11B
L’article 11B de la NGAP s’applique aux perfusions. Le premier acte se cote à taux plein. Le deuxième tombe à 50 pour cent. Les suivants ne sont pas facturables. La circulaire prévoit toutefois des exceptions.
Les cumuls autorisés à taux plein
Deux situations échappent à la réduction. Un forfait de perfusion courte sous surveillance continue, AMI 9 ou AMI 10, se cumule à taux plein avec un forfait de perfusion longue. Ce dernier reste l’AMI 14 ou l’AMI 15.
De même, un forfait de perfusion courte se cumule à taux plein avec ses suppléments AMI 6, dans la limite de cinq heures. Ces cumuls reflètent des soins distincts au cours d’une même séquence.
Un exemple tiré du texte officiel
La circulaire donne un cas clair. Prenons une perfusion d’antalgique sur 30 minutes en présence continue, suivie d’un litre de NaCl sur 12 heures. Chez un patient non cancéreux, réalisée isolément, elle se cote AMI 14 plus AMI 9.
Le forfait long et le forfait court coexistent ici sans réduction. Pour aller plus loin sur ces mécanismes, notre article sur l’article 11B détaille chaque cas de figure.
Comprendre l’article 11B en détail : notre guide complet des règles de cumul.
Les erreurs de cotation qui déclenchent un indu CPAM
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Deux AMI 14 le même jour
Le forfait long est journalier. Un second passage relève de l’AMI 4.1.
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AMI 5 sous 24 heures
Un arrêt temporaire de moins de 24h se cote AMI 4.1, pas AMI 5.
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AMI 4.1 le jour de la pose
Interdit lors du passage où l’AMI 14 ou l’AMI 15 est facturé.
Une erreur de cotation ne reste pas sans suite. L’Assurance Maladie peut réclamer un indu sur les soins facturés. La répétition d’une même erreur attire l’attention des caisses.
Les pièges les plus fréquents
Trois erreurs reviennent souvent depuis la circulaire. Coter un second AMI 14 dans la même journée. Facturer un AMI 5 pour un arrêt de moins de 24 heures. Ajouter un AMI 4.1 le jour de la pose, alors qu’il est interdit.
Ces erreurs ne relèvent pas d’une volonté de surcoter. Elles tiennent à des habitudes anciennes, valables avant juin 2025. Le contrôle automatisé des cumuls les repère pourtant facilement.
La prévention au quotidien
La rigueur commence à la lecture de la prescription. Les libellés d’ordonnance doivent correspondre aux actes réalisés. Les horaires de passage par produit aident à justifier les forfaits. Cette traçabilité protège en cas de contrôle, comme le rappellent nos règles pour éviter les rejets.
Situation fréquente : une ordonnance imprécise sur la durée ou le site de perfusion. Le doute conduit à une cotation approximative. Un travail de clarification avec le prescripteur évite la perte financière et le rejet.
La NGAP évolue par avenants. Les cotations doivent être vérifiées régulièrement auprès de sources officielles. Une veille rigoureuse fait partie d’une facturation maîtrisée.
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Questions fréquentes sur la cotation des perfusions à domicile
Peut-on coter deux AMI 14 dans la même journée ?
Non. Depuis la circulaire CIR-9/2025, le forfait de perfusion longue est journalier. Vous ne pouvez coter l’AMI 14 ou l’AMI 15 qu’une fois par jour et par patient. Cette règle vaut même si la perfusion est discontinue ou si vous passez matin et soir. Le second passage relève généralement de l’AMI 4.1.
Quelle différence entre AMI 4.1 et AMI 5 ?
La durée de l’arrêt commande la cotation. Un débranchement de moins de 24 heures, suivi d’une reprise, se cote AMI 4.1. Un arrêt définitif au-delà de 24 heures, avec retrait du cathéter, se cote AMI 5. Cette distinction est récente et provoque de nombreux rejets quand elle est ignorée.
La circulaire CIR-9/2025 modifie-t-elle les perfusions courtes ?
Non. Le texte ne concerne que les perfusions longues de plus d’une heure avec surveillance organisée. La perfusion courte sous surveillance continue garde sa cotation AMI 9, ou AMI 10 pour un patient cancéreux ou immunodéprimé. Les suppléments AMI 6 restent inchangés.
Une double voie d’abord permet-elle deux forfaits ?
Non. La présence de deux voies d’abord n’autorise pas un second forfait de perfusion longue. Un seul AMI 14 ou AMI 15 s’applique sur la journée. Les actes complémentaires éventuels, comme un branchement en Y, relèvent de l’AMI 4.1 dans le respect de l’article 11B.
Combien vaut un AMI 14 en 2026 ?
La lettre-clé AMI vaut 3,15 euros en métropole. Un AMI 14 représente donc 44,10 euros bruts, hors majorations et frais de déplacement. Cette valeur évoluera avec l’avenant 11 : l’AMI passera à 3,35 euros au 1er novembre 2026, puis à 3,45 euros en 2027.
Que risque-t-on en cas d’erreur de cotation ?
L’Assurance Maladie peut réclamer un indu, soit le remboursement des sommes perçues à tort. Le délai de récupération porte sur trois ans. Une erreur répétée peut déclencher un contrôle ciblé. Une cotation conforme et une bonne traçabilité limitent fortement ce risque.
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