Forfaits dépendance IDEL : BSA, BSB, BSC, cotation détaillée
Vous suivez un patient dépendant à domicile, plusieurs passages par jour, des soins d’hygiène, de la surveillance, parfois un pansement. Au moment de facturer, une question revient : quel forfait coter ? Depuis la généralisation du Bilan de Soins Infirmiers, les soins de dépendance ne se cotent plus acte par acte. Ils relèvent d’un forfait journalier unique : BSA, BSB ou BSC.
Le principe paraît simple. La pratique l’est moins. Mauvais niveau de forfait, oubli du déplacement, confusion entre forfait et actes techniques : chaque erreur coûte cher. Elle se traduit par un rejet ou par un manque à gagner. Ce guide des forfaits dépendance pour les IDEL détaille les trois cotations, leurs montants et leurs conditions d’application. Objectif : que vous cotiez juste, dès la première facturation.
Pour aller plus loin sur l’outil d’évaluation lui-même, vous pouvez consulter notre guide complet sur la facturation des bilans de soins infirmiers.
Vous préférez déléguer entièrement la cotation de vos forfaits dépendance ? Découvrez notre service de facturation IDEL.
BSA, BSB, BSC : que recouvrent ces forfaits ?
Un changement de logique
Une addition d’actes
L’IDEL cumulait les actes de nursing un par un. Toilette, surveillance, confort : chaque geste se cotait séparément.
Un forfait journalier global
Un seul forfait couvre l’ensemble des soins de dépendance d’une journée. Une rémunération à la charge de soins, pas à l’acte.
Les forfaits BSA, BSB et BSC sont les cotations utilisées pour facturer les soins liés à la dépendance d’un patient à domicile. Ils sont définis par la NGAP, le référentiel officiel de la cotation des actes infirmiers.
Ces forfaits ont remplacé l’ancienne cotation en AIS pour les soins de dépendance. La logique a changé en profondeur. Avant, l’IDEL additionnait des actes de nursing. Aujourd’hui, un forfait journalier unique englobe l’ensemble de la prise en charge liée à la perte d’autonomie.
Ce que le forfait recouvre concrètement
Le forfait journalier rémunère tous les soins relevant de la dépendance réalisés au cours d’une même journée. Cela inclut l’hygiène, le nursing, les soins de confort, la toilette et la surveillance globale. S’y ajoutent la continuité de la vie, la traçabilité et la tenue du dossier de soins.
Autrement dit, le forfait valorise une prise en charge globale, pas une succession de gestes isolés. C’est une rémunération à la charge de soins, pas à l’acte.
Forfait dépendance et BSI : deux notions à ne pas confondre
Le forfait dépendance n’est pas le Bilan de Soins Infirmiers. Le BSI est l’outil d’évaluation que vous saisissez sur le portail de l’Assurance Maladie. Le forfait, lui, est la cotation journalière qui découle de ce bilan.
Le lien est direct : sans BSI validé, pas de forfait. C’est le bilan qui détermine le niveau de forfait à appliquer. Pour comprendre la mécanique d’évaluation, notre article dédié au Bilan de Soins Infirmiers détaille chaque étape.
Montants des forfaits dépendance en 2026
Métropole • forfaits journaliers
Trois niveaux, trois montants fixes
Montants applicables en métropole. La NGAP évolue par avenants : vérifiez toujours la version en vigueur auprès de l’Assurance Maladie avant de facturer.
Chaque niveau de forfait correspond à un montant journalier fixe, défini par la NGAP. Voici les montants applicables en métropole.
| Forfait | Niveau de prise en charge | Montant journalier |
|---|---|---|
| BSA | Dépendance légère | 13,00 euros |
| BSB | Dépendance intermédiaire | 18,20 euros |
| BSC | Dépendance lourde | 28,70 euros |
Ces montants sont des forfaits journaliers. Ils se facturent une seule fois par jour et par patient, quel que soit le nombre de passages. Ils s’appliquent à taux plein, sans coefficient multiplicateur, puisque le code porte lui-même le montant.
Ce que prévoit l’avenant 11 de la convention nationale
L’avenant 11 à la convention nationale des infirmiers libéraux a été signé le 31 mars 2026. Il a été approuvé par arrêté publié au Journal officiel du 6 mai 2026. Ce texte maintient les trois niveaux de forfait à leurs montants actuels.
Le texte introduit cependant une majoration MSG de 3,10 euros, associée au forfait BSC. Elle vise les patients les plus dépendants, identifiés par un score SEGA élevé. Cette mesure s’applique progressivement, à compter de 2028. La NGAP évoluant par avenants, pensez toujours à vérifier les montants en vigueur auprès de l’Assurance Maladie avant de facturer. Pour suivre ces évolutions, consultez notre suivi des avenants de la NGAP.
Quelles conditions pour coter un forfait dépendance ?
Du domicile à la facturation
Prescription médicale
Une prescription de soins infirmiers liée à la dépendance ouvre la prise en charge. Le BSI ne peut pas s’y substituer.
BSI saisi et validé
Le bilan est saisi sur le téléservice de l’Assurance Maladie, via la carte CPS. Sans CPS, aucune validation possible.
Forfait calculé automatiquement
Le bilan clôturé, le téléservice attribue le niveau de forfait. La saisie du bilan se facture en plus du forfait journalier.
Coter un forfait BSA, BSB ou BSC suppose plusieurs conditions réunies. Sans elles, la facturation est exposée au rejet.
Une prescription de soins infirmiers pour dépendance
La prise en charge démarre par une prescription médicale de soins infirmiers liée à la dépendance. C’est le point de départ. Le BSI ne peut pas s’y substituer.
Un BSI validé sur le portail de l’Assurance Maladie
Le bilan doit être saisi et validé via le téléservice dédié, accessible avec votre carte CPS. Sans carte CPS, aucune saisie ni validation n’est possible. Une fois le bilan clôturé, le téléservice calcule automatiquement le niveau de forfait.
La cotation du bilan lui-même
La saisie du BSI se facture en plus du forfait journalier. Le bilan initial correspond à la cotation DI 2,5, soit 25 euros. Le bilan de renouvellement, comme le bilan intermédiaire, correspond à la cotation DI 1,2, soit 12 euros.
Ce que nous constatons régulièrement : l’oubli de la cotation du bilan initial. Le forfait journalier est bien facturé, mais le DI 2,5 passe à la trappe. C’est 25 euros perdus à chaque nouveau patient.
Vous voulez éliminer ce type d’oubli sur votre facturation ? Notre service de facturation et télétransmission IDEL prend en charge l’intégralité du processus pour 165 euros HT par mois.
Comment se détermine le niveau de forfait ?
Réévaluer au bon moment
Le niveau de forfait n’est jamais figé
Quand l’état du patient évolue, le bilan intermédiaire ajuste le forfait sans nouvelle prescription. Vous disposez de deux réévaluations possibles sur une période de douze mois.
Le niveau de forfait n’est pas un choix de l’infirmier. Il découle de l’évaluation saisie dans le bilan.
Un calcul automatique à partir du plan de soins
Une fois le BSI clôturé, le téléservice analyse les besoins, les interventions et la charge de soins renseignés. Il en déduit le niveau de forfait : BSA pour une charge légère, BSB pour une charge intermédiaire, BSC pour une charge lourde.
La conséquence est directe. La qualité de votre saisie détermine la justesse du forfait. Un plan de soins incomplet sous-évalue la charge réelle et débouche sur un forfait trop faible.
Réévaluer en cas d’évolution clinique
L’état d’un patient n’est pas figé. Une aggravation peut justifier le passage d’un BSA à un BSB, ou d’un BSB à un BSC.
Le bilan intermédiaire sert précisément à cela. Il permet de réévaluer la situation en cours d’année, sans nouvelle prescription, tant que le bilan en cours reste valide. Vous pouvez réaliser jusqu’à deux bilans intermédiaires sur une période de douze mois.
Cas typique chez nos clients : une patiente suivie en BSA depuis plusieurs mois fait une chute. Les passages se multiplient, la surveillance s’intensifie. Sans bilan intermédiaire, l’IDEL continue de facturer 13 euros par jour alors que la charge correspond désormais à un BSB. Sur plusieurs semaines, l’écart de rémunération devient significatif.
Forfait dépendance et actes techniques : les règles de cumul
Ce qui se facture le même jour
Soins de dépendance
Hygiène, nursing, surveillance et continuité de la vie sont déjà couverts par le forfait journalier BSA, BSB ou BSC.
Actes techniques externalisés
Une prise de sang se cote en AMX, jamais en AMI lors d’un soin de dépendance. À déclarer comme acte externalisé dans le bilan.
Frais de déplacement
Le déplacement n’est jamais inclus dans le forfait. Il se cote en IFI, avec les indemnités kilométriques selon les règles habituelles.
Les règles de cumul restent encadrées par la NGAP en vigueur. Vérifiez la version actualisée avant toute facturation.
Une question revient en permanence sur le terrain : peut-on facturer autre chose que le forfait le même jour ? La réponse est oui, sous conditions.
Les actes techniques restent facturables en plus
Certains actes techniques ne sont pas inclus dans le forfait dépendance. Ils sont dits externalisés et se cotent en plus, avec la lettre-clé AMX. Une prise de sang réalisée lors d’un passage de soins de dépendance se cote ainsi en AMX, et non en AMI.
Ces actes externalisés doivent apparaître comme tels dans le bilan, afin d’éviter toute double facturation. C’est une distinction importante entre la cotation, qui consiste à attribuer le bon code, et la facturation, qui désigne le processus complet de transmission.
Les déplacements s’ajoutent au forfait
Les frais de déplacement ne sont jamais compris dans le forfait. Dans le cadre de soins pour dépendance, le déplacement se cote avec la lettre-clé IFI. Les indemnités kilométriques restent facturables selon les règles habituelles.
Une règle de cumul à connaître
Le forfait dépendance ne se cumule pas librement avec n’importe quel acte. Les règles de cumul d’actes restent encadrées par la NGAP. Notre article sur l’article 11B de la NGAP détaille ces règles. Celui consacré aux majorations IDEL précise ce qui s’applique, ou non, sur un forfait journalier.
Plusieurs IDEL chez le même patient : qui facture le forfait ?
Répartition en cabinet
Une seule, par jour
- Facture le forfait journalier BSA, BSB ou BSC
- Perçoit l’intégralité du montant journalier
- Organise ensuite la répartition entre confrères
Actes et déplacements
- Facturent leurs actes techniques autorisés en AMX
- Facturent leurs déplacements en IFI
- Ajoutent les indemnités kilométriques
À cadrer par écrit : une convention de partage d’honoraires est recommandée pour encadrer clairement la répartition entre infirmiers.
De nombreux patients dépendants sont suivis par plusieurs infirmiers. La règle de facturation du forfait mérite alors d’être clarifiée.
Un seul forfait journalier, une seule IDEL
Le forfait BSA, BSB ou BSC ne peut être facturé qu’une seule fois par jour et par patient. Si plusieurs IDEL interviennent le même jour, une seule facture le forfait journalier.
Les autres infirmiers facturent uniquement leurs actes techniques autorisés en AMX, leurs déplacements en IFI et leurs indemnités kilométriques.
Organiser la répartition des honoraires
L’IDEL qui facture le forfait perçoit l’intégralité du montant journalier. Une répartition des honoraires entre confrères doit donc être organisée. Une convention de partage est recommandée pour encadrer clairement cette répartition.
Ce point rejoint les questions de rétrocession entre IDEL, qui méritent d’être cadrées par écrit dès le départ.
Chez Transmedical, nous gérons ce type de configuration multi-IDEL au quotidien. Contactez-nous pour savoir comment nous structurons la facturation partagée.
Les erreurs de cotation les plus fréquentes
Ce qui coûte cher
Quatre erreurs qui se traduisent en rejets ou en pertes
Coter encore en AIS
Pour les soins de dépendance, l’AIS a laissé place au forfait. Le coter expose au rejet.
Ne pas réévaluer le forfait
Un patient qui s’aggrave reste facturé au niveau initial. Le manque à gagner se cumule jour après jour.
Oublier le déplacement ou l’AMX
Le forfait est facturé, mais l’IFI ou l’acte externalisé manque. Sur une tournée, l’oubli se répète.
Mal renseigner le plan de soins
Une saisie sous-détaillée débouche sur un forfait sous-évalué. La rigueur protège la rémunération.
Les forfaits dépendance concentrent quelques erreurs récurrentes. Les connaître permet de les éviter.
Continuer à facturer en AIS
Pour les soins de dépendance, l’AIS a laissé place au forfait BSI. Coter encore en AIS un soin relevant de la dépendance expose au rejet. Dès lors qu’il s’agit de dépendance, c’est le forfait qui s’applique.
Ne pas réévaluer le forfait
Un patient dont l’état s’aggrave reste parfois facturé au niveau initial. Le manque à gagner est immédiat et durable, puisqu’il se cumule jour après jour jusqu’au prochain bilan.
Oublier le déplacement ou les actes externalisés
Situation fréquente : l’IDEL facture bien le forfait journalier, mais oublie le déplacement en IFI ou l’acte technique en AMX. Sur une tournée complète, ces oublis répétés représentent une perte de revenu réelle en fin de mois.
Mal renseigner le plan de soins
Un plan de soins sous-détaillé débouche sur un forfait sous-évalué. La rigueur de la saisie conditionne directement la rémunération. Documenter précisément chaque soin n’est pas une formalité, c’est une protection.
Pour un panorama plus large des pièges de cotation, notre retour terrain sur les erreurs de cotation IDEL complète utilement ce point.
Questions fréquentes sur les forfaits BSA, BSB et BSC
Quelle différence entre BSA, BSB et BSC ?
La différence tient au niveau de dépendance du patient. Le BSA couvre une dépendance légère, le BSB une dépendance intermédiaire, le BSC une dépendance lourde. Chaque niveau correspond à un montant journalier distinct. Le classement n’est pas choisi par l’IDEL : il découle automatiquement de l’évaluation saisie dans le bilan de soins.
Peut-on facturer un forfait sans BSI ?
Non. Le forfait dépendance suppose un BSI validé sur le portail de l’Assurance Maladie. Sans bilan, le téléservice ne calcule aucun niveau de forfait, et la cotation ne peut pas être justifiée. La prescription médicale de soins pour dépendance reste également un préalable obligatoire à toute la prise en charge.
Le forfait BSI inclut-il les pansements ?
Cela dépend de la nature du soin. Les actes techniques externalisés, comme certains pansements, se cotent en plus du forfait, avec la lettre-clé AMX. Ils doivent apparaître comme actes externalisés dans le bilan. Vérifiez toujours le cadre NGAP en vigueur, car les règles de cumul évoluent par avenants.
Combien de fois par jour facture-t-on le forfait ?
Une seule fois. Le forfait journalier se facture une fois par jour et par patient, quel que soit le nombre de passages. Si plusieurs IDEL interviennent, une seule facture le forfait, les autres facturant uniquement leurs actes techniques et déplacements.
Comment passer d’un BSA à un BSB ?
Par un bilan intermédiaire. Lorsque l’état du patient évolue, vous réévaluez sa situation sur le portail, sans nouvelle prescription, tant que le bilan en cours est valide. Le téléservice recalcule alors le niveau de forfait. Deux bilans intermédiaires au maximum sont possibles sur douze mois.
Les majorations s’appliquent-elles sur un forfait dépendance ?
Toutes les majorations ne se cumulent pas avec un forfait journalier. Certaines s’appliquent uniquement sur des actes techniques cotés en AMI. Avant de coter une majoration sur un soin de dépendance, vérifiez sa compatibilité avec le forfait dans la NGAP en vigueur.
Coter juste vos forfaits dépendance, sans y passer vos soirées
Reprendre la main sur votre facturation
La cotation est un travail de précision. Pas une corvée du soir.
Entre la cotation du bilan, le bon niveau de forfait, les actes externalisés et les déplacements, chaque détail compte. Nos secrétaires médicales spécialisées NGAP, encadrées par une infirmière coordinatrice, prennent en charge votre facturation pour que soigner redevienne votre vrai métier.
Les forfaits BSA, BSB et BSC ont simplifié la logique de facturation des soins de dépendance. Mais entre la cotation du bilan, le bon niveau de forfait, les actes externalisés et les déplacements, chaque détail compte. Une erreur, c’est un rejet ou un revenu perdu.
La cotation reste un travail de précision, à mener en parallèle de vos tournées. C’est exactement la charge que Transmedical prend en charge depuis plus de 20 ans. Nos secrétaires médicales sont spécialisées en nomenclature NGAP et encadrées par une infirmière coordinatrice. Elles traitent votre facturation pour un forfait fixe de 165 euros HT par mois.
Pour échanger sur votre situation, contactez-nous au 04 91 32 33 91 ou via notre formulaire. Vous pouvez aussi consulter le détail de nos tarifs.
Sources
- Ameli, espace infirmier, bilan de soins infirmiers et facturation
- Légifrance, arrêté approuvant l’avenant 11 à la convention nationale des infirmiers
- SNIIL, présentation des mesures de l’avenant 11 pour les IDEL
- Maison des Infirmiers, mesures et calendrier de l’avenant 11
- Fiducial Equinox, définition des cotations BSA, BSB et BSC
- La Ruche, guide de la cotation et facturation du BSI infirmier
- Caducee, analyse de l’avenant 11 et de ses effets sur la facturation IDEL
Alan Chevereau
Consultant SEO
Alan accompagne Transmedical, spécialiste de la facturation IDEL depuis plus de 20 ans, sur sa stratégie de contenu à destination des infirmiers libéraux. Sur des sujets de cotation comme les forfaits dépendance, il rend lisible une réglementation technique. Sans jamais sacrifier la précision dont les IDEL ont besoin pour facturer juste.
